Auteure de littérature érotique, Stella Tanagra se dévoile dans notre interview sans tabou.

Salut Stella, peux-tu te présenter ? (âge, lieu de naissance, tes envies, tes passions, tes amours …)

Salut Tom ! Je suis née à Paris, j’ai trente ans. J’écris depuis une quinzaine d’années et ai été publiée pour la première fois en juin 2015 par IS Edition.

L’écriture est à la fois un moyen d’extérioriser mes ressentis, étant de nature très sensible et d’atteindre une compréhension plus subtile et précise de l’humain.

C’est notamment pour cette raison que je me suis passionnée pour l’érotisme en ce qu’il met en jeu, les interactions humaines, le désir, la pulsion, la communication non verbale, le rapport au corps, à l’autre…

Après trois publications érotiques chez IS Edition et Tabou Editions, j’ai envie d’interroger d’autres thématiques, toujours autour de l’humain mais avec une autre approche.

Cela dit, je n’abandonne par l’érotisme puisque j’ai un roman plus autobiographique sous le coude, retraçant sous un prisme très spécial (mais je n’en dirai pas plus), mes tribulations libertines.

Parce qu’en effet, j’ai très tôt été habitée par le désir sexuel, l’attirance corporelle et donc curieuse de découvrir les plaisirs charnels.

Dans ma quête, j’ai expérimenté un certain panel de stimulations et de situations érogènes avec différent/e/s partenaires. La photo de charme et les tests de sextoys ont aussi ponctué mon chemin de libertine.

Stella Tanagra sur son stand lors du salon de la littérature érotique à Paris.
Stella Tanagra auteure littérature érotique

Qu’est ce qui t’a ammené à la littérature érotique ?

Un décalage ! J’avais besoin de mieux comprendre ce qui anime les Hommes car je ne m’y reconnaissais pas toujours. J’étais profondément avide de cerner les plus secrets désirs et fantasmes indicibles qui peuvent obséder voire torturer les uns et les autres.

Au travers de l’érotisme, c’est la nature humaine que j’essaie de décrypter. J’ai donc écrit un premier recueil de nouvelles érotiques « Sexe Cité » qui questionne plus spécifiquement l’expression de la libido féminine dans tous ses tourments plus inattendus.

Je me suis ensuite plutôt questionnée sur la noirceur et la perversion au travers du recueil « Sexe Primé ». Mon leitmotiv est l’écriture sans filtre ni tabou, je me permets donc des thématiques et des styles qui peuvent perturber…

Enfin, je suis passée des nouvelles à la romance avec « Les dessous de l’innocence » qui conte le cheminement détonnant d’une jeune femme dont la folle vie érotique interne prend le pas sur le réel…

“un mélange de fantasmes, de phobies et de vécu”

Il me semble comprendre que c’est l’érotisme au sens large qui t’intéresse, aurais-tu déjà découvert bien plus que la littérature ?

On peut dire que ce sont les interactions humaines sous le prisme de l’érotisme qui me passionnent ; ce qui de fait peut se questionner dans toute l’étendue du spectre érotique. Rien de mieux pour cela que d’expérimenter soi-même !

Mes écrits sont un mélange de fantasmes, de phobies et de vécu. J’ai notamment eu une période très marquée par le triolisme où je me suis éprise de plusieurs hommes et abandonnée à eux.

Aussi, en club ou bien en privé, j’ai eu l’occasion de rencontrer une kyrielle de belles personnes et ai toujours été fascinée par leur manière à chacune de réinventer l’amour ; ayant autant de personnalités que de manière de se donner.

Dans quel état d’esprit es-tu lorsque tu travailles sur un écrit ?

Lorsqu’une idée me donne envie d’écrire, je deviens obsédée par celle-ci et me déconnecte complètement du monde réel. Je m’abandonne à l’écriture sans relâche ni retenue.

Mon souhait est d’offrir une écriture libérée et pulsionnelle. Je m’interdis la censure et laisse place à mes idées les plus torves, déjantées, violentes… Ecrire est alors une libération et un exutoire.

“s’assumer et s’émanciper du poids de la normalité”

3 livres, peux-tu nous en dire plus sur chacun d’entres eux ?

« Sexe cité » (recueil) IS Edition :

Ce livre est empreint de mes premières expériences et découvertes car je l’ai écrit entre mes 21 et 25 ans. Il est donc question de l’identité sexuelle, de la quête de plaisirs, d’expérimentations diverses, variées, étonnantes, inattendues, de la place de la femme et notamment en ce qui concerne le fait de s’assumer et s’émanciper du poids de la normalité.

Couverture du livre Sexe cité auteur Stella Tanagra.
Stella Tanagra – Sexe cité

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« Sexe Primé » (recueil) Tabou Editions :

Ce livre intervient entre mes 26/28 ans, une phase où j’ai mené une vie libertine étoffée et ai cheminé dans ma vision des relations.

Je m’attaque alors aux désirs les plus enfouis, répréhensibles, troublants… Avec toujours, l’envie de surprendre, je me permets des thématiques étranges qui ne laissent pas indifférent…

Couverture du livre Sexe primé auteur Stella Tanagra.
Stella Tanagra – Sexe primé

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« Les dessous de l’innocence » (roman) Tabou Editions :

J’ai écrit ce roman avec beaucoup d’excitation et un grand plaisir, épousant l’univers de mes personnages tout au long de l’écriture. J’ai voulu cette écriture plus légère et humoristique tout en étant pleinement érotique.

Il y est question d’une jeune femme torturée qui au tournant de sa vie, se laisse envahir par ses amants imaginaires pour mieux passer du fantasme à la réalité…

Couverture du livre Les dessous de l'innocence auteur Stella Tanagra.
Stella Tanagra – Les dessous de l’innocence

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A quel type de lecteurs et lectrices s’adressent tes bouquins ?

Généralement mon style est qualifié d’ovni ! J’aime troubler, bousculer, questionner et surprendre les lecteurs. Aussi, j’intellectualise beaucoup l’érotisme pour mieux le disséquer.

Mon écriture plait donc généralement aux femmes et aux hommes qui veulent sortir des sentiers battus et n’attendent qu’à être étonnés.

“en testant des sextoys et en dévoilant mes photos de charme”

Tu es également blogueuse sexo, libertine, modèle de charme, d’où te vient cette énergie ?

La sortie de mon premier livre en 2015 m’a propulsé du jour au lendemain dans le petit monde de l’érotisme de sorte que j’ai de suite décliné tout le panel de mes envies en créant mon blog www.stellatanagra.com.

L’idée était de pouvoir faire vivre mon univers sur la toile en informant de mon actualité d’auteur mais aussi en partageant mes expériences, en testant des sextoys et en dévoilant mes photos de charme, entre autres…

Les retours des followers, l’engouement des partenaires et le développement de mes projets m’ont motivé à poursuivre dans cette voie.

Mon blog est donc assez étoffé et permet notamment de percer certains de mes mystères…

Un petit mot pour conclure ?

Tom, je te remercie pour toi aussi, mettre ta pierre à l’édifice de l’érotisme. Ton initiative avec Olala est tout à fait originale et attractive. J’aime ce côté ludique et décomplexé !

Ce que j’apprécie le plus depuis que je me suis lancée dans cette aventure, c’est de rencontrer des personnes qui tel que toi, sont passionnées, enthousiastes et généreuses ;-).

Plus qu’un salon Erosexpo est l’événement qui éveil vos sens.

Loin des regards novices, le salon Erosexpo c’est l’occasion de se faire plaisir, d’éveiller les sens et de faire de belles rencontres.

C’est avec le sourire que nous sommes accueillis au guichet, avec le bon de réduction téléchargé en ligne l’entrée nous revient à 16€, ce qui nous semble convenable pour le moment que nous allons passer.

Les premiers stands proposent un aspect préventif, et très rapidement nous sommes submergés par des étalages de sextoys en tout genre.

Cockring, développeur de pénis, stimulateur de prostate, god, rabbit, stimulateur clitoridien … Malheureusement nous n’avons pas de photo pour illustrer, quel dommage !

Nous passons ensuite devant le stand de la marque suédoise LELO, sur lequel nous prenons le temps d’échanger avec les vendeurs. Ils nous présentent alors leur nouveau jouet le F1s developer’s Kit RED.

Accessoire érotique pour homme marque LELO
LELO F1s developer’s kit red accessoire érotique pour homme

Un très bel objet, soigneusement travaillé jusque dans les détails. Ne vous y méprenez pas, cet accessoire érotique pour homme n’a rien d’ordinaire… Au-delà de son aspect futuriste, il dispose de 10 capteurs performants et vous pourrez par ailleurs contrôler l’intensité proposée par ses rainures internes courbées.

“Des performances musclées toute en finesse”

Mais aussi une fenêtre pour une expérience utilisateur nouvelle ainsi qu’un canal interne ergonomique en silicone ainsi qu’un corps en aluminium texturé très agréable à la prise en main.

Acheter le F1s developer’s kit RED

Plus loin se présente la scène sur laquelle sont présentés de nombreux show pôle-danse et striptease. Des performances musclées toute en finesse, un plaisir pour les yeux.

Performeur homme striptease scène principale salon Erosexpo
dynamite performance striptease

Au salon Erosexpo le terme tabou n’existe pas, on y croise aussi bien des étudiant(e)s que des employé(e)s, des célibataires mais aussi des couples.

Loin de l’image terne que l’on peut lui attribuer il s’agit avant tout de spectacles érotiques, striptease et de performances réalisées par des professionnels du show.

Equipe du salon Erosexpo 2019 Rennes
équipe erosexpo 2019 – Rennes

Beaucoup de couleurs aussi au travers des accessoires et autres tenues sexy, ainsi que des gens détendus et souriant. Un salon du sexe, et alors ? Après tout c’est ça aussi la vie.

Le corps de la femme comme inspiration, Nina Van Kidow nous en dit plus sur son travail d’artiste illustrateur.

Peux tu te présenter, tes passions d’ou viens tu ?

Hello Tom, je m’appelle Nina, je suis originaire des Pays-Bas. J’ai vécu à Paris, à Nantes, près de Biarritz… J’ai pas mal mal bougé et pour le moment je suis en région parisienne, parce que c’est plus intéressant pour une artiste. Actuellement, j’ai en tête d’aller vivre à l’étranger, je verrais bien.

Je suis passionnée par la création, le dessin, la représentation du corps féminin, du désir. Le corps féminin est l’objet d’une fascination partagée par l’humanité dans son ensemble  depuis la nuit des temps, et je n’échappe pas à cela !

Je suis passionnée par les Arts graphiques, le Street art et la Photo. Je me nourris aussi de littérature, tendance érotique.

Auto-portrait de Nina Van Kidow.
Nina Van Kidow

Tu es une illustratrice, ton travail se focalise sur la femme. Peux-tu nous en dire plus?

Je suis une artiste qui dessine des femmes. Je dirais que je suis dans la représentation du féminin. 

En tant que femme, on ne peut pas ne pas être intriguée, interrogée par l’envahissement de l’espace public, médiatique, artistique et publicitaire par le corps de la femme.

Il est utilisé pour tout vendre. Il est vecteur de désirs, de fantasmes et de fascination. 

C’est interrogeant non ? Que porte ce corps en lui même pour être si exhibé, exploité, idolâtré ? Une vrai forme de pouvoir en somme. J’ai voulu à ma manière explorer ce matériau que je partage avec les autres femmes.

J’aime représenter le corps féminin, plus ou moins dévoilé, montrer sa puissance, son érotisme.

J’aime représenter le corps féminin, plus ou moins dévoilé, montrer sa puissance, son érotisme.

Montrer les femmes dans leurs désirs, ceux qu’elles entretiennent avec elles-mêmes, et ceux qu’elles provoquent.

Pour moi, le désir est un des moteurs les plus puissants.

“la relation que j’avais avec mon propre corps.”

Depuis combien de temps pratiques tu cette passion? Qu’est-ce qui ta amené à l’illustration?

Je dessine depuis que j’ai 16 ans. La 1ère fois que je suis entrée dans un atelier pour y prendre des cours, il y avait un modèle vivant, une femme qui posait nue.

Cela a été un choc, une révélation : être devant l’évidence de ce corps qui se montrait, sans retenue, m’a vraiment fasciné. Il y avait là une vérité qui était passionnante à explorer.

Cela renvoyait à la relation au corps, à sa mise en scène, et évidemment à la relation que j’avais avec mon propre corps.

Par la suite, j’ai moi-même été modèle pour le nu en dessin, en sculpture ou en photo.Toujours mon obsession pour le corps. J’ai fait du dessin et de la sculpture, puis de la peinture abstraite pendant un temps.

Après une rupture dans ma vie, un grand changement, je me suis questionnée sur ce qui me touchait le plus, ce que j’aime le plus représenter et voir représenter.

La réponse est venue rapidement : le corps, la femme dans ce qu’elle a d’intime et de nécessaire. Retour à la source.Tu sais, dans la vie il y a Eros et Thanatos. Moi, j’ai choisi Eros comme centre d’intérêt, cela me semble être la porte la plus interessante à ouvrir !

Où vas tu trouver ton inspiration?

Je travaille à partir de photos de moi ou d’autres femmes. Je trouve parfois des photos dans certains magazines, et j’organise des séances photos avec des muses.

Certains artistes ont jalonnés mon imaginaire : Egon Schiele, Hajime Sorayama, Alphonse Mucha, Manara, Franck Miller ou Gustave Klimt.

Il y a aussi Frida Kalho, Vanessa Beecroft, Cindy Shermann ou Bettina Rheims qui sont des artistes inspirantes. Pour moi, Helmut Newton ou Robert Mapplethorpe sont iconiques pour l’érotisme dans la photo.

Pour le Street Art, j’aime le travail de Pure Evil, Fafi ou Miss.tic. 

Liste non exhaustive évidemment.

“des déesses qui surgissent du néant”

Tu travailles sur la ligne: blanc sur noir, Que cherches-tu à exprimer de la sorte?

En fait, je recherche une sorte d’épure, de synthèse, un peu comme le négatif d’un corps.

Qu’est-ce qui provoque le désir ? On peut retirer les yeux, la peau, et suggérer la force d’un corps, du désir, avec de simples lignes. 

J’ai voulu jouer sur la notion d’apparition. Ces femmes sont blanches, épurées à l’extrême, sans fioritures. Elles sont un peu comme des déesses qui surgissent du néant. Le noir, c’est l’intime et le gouffre en même temps. C’est aussi un vide qui peut renvoyer au vide dont on remplit ces femmes.

Les photos très explicites, qui peuvent être vulgaires avec leurs couleurs ou leurs expressions, lorsqu’on les réduit à un dessin tracé en blanc laissent uniquement une présence. Juste la force des lignes du corps, sans intention de circonstance.

Le vide qui est entre les lignes laisse la place à l’imaginaire du regardeur, sans le mettre en situation de voyeur. Ces femmes sont impersonnelles, et donc universelles. 

Ce qui me plaît, c’est réussir, même à partir d’une photo d’un magazine de charme ou un peu hard, à rendre ces femmes graphiques, à la limite de l’abstraction.

On ne peut pas les saisir, elles sont presque dématérialisées. Cela instaure un paradoxe entre ce qui peut paraître trivial et un graphisme minimaliste.

Pourrais-tu nous présenter trois de tes illustrations, ce qu’elles représentent pour toi.

Ce qui est important de savoir, c’est que je fais tous mes dessins à la main. Je ne fait rien sur ordinateur car j’aime infléchir moi même les courbes de mes traits. C’est une question de fluidité, de vérité d’intention.

Et puis il y a une fragilité, une subtilité dans le dessin à la main auxquelles je tiens vraiment.

Je travaille sur un papier mat au noir très profond. Cela est vraiment fondamental pour moi : la matité du papier, la profondeur du noir font vraiment ressortir mes lignes de manière très graphique.

Le trait blanc le plus fin, par effet de contraste ressort très fort. Je rajoute des aplats blancs sur certaines zones de mes dessins pour donner un relief particulier à certaines parties du corps. Je les travaille à la gouache pour garder l’aspect mat du blanc comme celui du noir. 

Ces tracés de mes dessins sont très précis et ne permettent aucune correction. Il faut les sortir presque d’un seul trait.

Ce dessin a été fait à partir d’une photo d’une modèle que je suis sur Instagram. 

Elle se fait photographier nue en extérieur. J’aime cette association du nu et des graffs derrière elle. C’est la réunion de deux univers que j’aime. Il y a une liberté à laquelle je tiens beaucoup qui se dégage de l’ensemble.

Illustration de Nina Van Kidow, une femme nue devant un mur de graffitis.
Nina Van Kidow – une passion pour le street art

J’aime le côté provocateur de ce dessin : la fille fait pointer ses tétons, elle est très volontaire dans son attitude.

C’est très assumé, frontal, décomplexé. Aujourd’hui, les femmes le sont de plus en plus par rapport à leur désir, leur sexualité.

Illustration de Nina Van Kidow, une femme se fait pointer les tétons.
Nina Van Kidow – une attitude volontaire

Ce qui est intéressant ici c’est le contraste entre les lignes droites des moulures et les courbes du corps.

Cette lingerie est l’emblème de l’érotisme au féminin.

Illustration de Nina Van Kidow, une femme en porte jarretelles fait fasse au mur.
Nina Van Kidow – érotisme au féminin

On te retrouve sur Instagram, as-tu des expositions de prévues, des collaborations pour parution ?

Depuis deux ans, j’ai ouvert mon compte Instagram et je l’alimente régulièrement de nouveaux dessins et publications. C’est pour moi la possibilité de rencontrer et d’échanger avec des modèles de tous les pays. C’était mon rêve. Et puis, savoir que mon travail intéresse à Berlin, Los Angeles ou Milan, ça me stimule beaucoup.

J’ai aussi deux autres projets sur lesquels je travaille et qui me prennent toute mon énergie et mon attention. 

Notamment un projet de Street Art car c’est le mode d’expression artistique qui m’intéresse le plus.  L’espace public est saturé de femmes et j’ai envie d’interroger la perception de la femme en mettant mes dessins dans la rue, sous le regard de tous. Je suis curieuse de voir ce que mon travail peut produire comme réaction.

Pour ce qui concerne l’autre projet, je ne veux pas t’en dire plus pour le moment car je veux garder une certaine surprise. 

Des collabs ? Oui régulièrement, notamment avec des photographes ou des modèles. J’aimerai bien sûr montrer mes dessins en galerie mais c’est pour plus tard à mon avis.

Un petit mot pour conclure ?

Vive les femmes ! Vive les fesses !